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 Maurice Lebrun

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Pinzuti
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MessageSujet: Maurice Lebrun   Mer 27 Mai 2009 - 10:40

Figure emblématique du 1er régiment de Spahis, le Spahis Lebrun fut le Spahis qui après la libération de Strasbourg planta le drapeau français en haut du clocher de la cathédrale, remplissant l'engagement du serment de Koufra.

LE 1er RMSM PARTICIPE A LA LIBERATION DE STRASBOURG LE 23 NOVEMBRE 1944 ET S'ILLUSTRE EN ALSACE

Alors que la 1ère armée française remonte en Alsace à partir de Belfort, la 2e DB, toujours rattachée à la 3e armée américaine, fonce sur Strasbourg. Cet objectif est particulièrement symbolique pour les « Leclerc ».

En effet, le 2 mars 1941, après la prise de l'oasis de Koufra, tenue par les Italiens, le général Leclerc et ses hommes ont prêté le serment de « poursuivre la lutte jusqu'à ce que le drapeau français flotte à nouveau sur Strasbourg ». Le 23 novembre 1944, au sein de la 2e DB, des Marocains appartenant au 5e escadron du 1er RMSM participent à la libération de Strasbourg : le serment de Koufra est tenu ! C'est d'ailleurs le 5e escadron du 1er RMSM qui entre le premier à Strasbourg et qui va matérialiser ce serment de Koufra d'une manière éclatante : sous les balles allemandes, le spahi Maurice Lebrun se charge d'aller fixer un drapeau tricolore en haut de la flèche de la cathédrale de Strasbourg, qui culmine à 142 mètres !

Soldats marocains et français du 1er RMSM n'ont pas le temps de s’attarder sur l'épopée, dont ils sont les acteurs et les témoins. Les combats continuent, toujours aussi disputés. En décembre, les unités du 1er RMSM contribuent ainsi à la libération « de Molsheim et d'Obernai. Faisant toujours preuve d'esprit de sacrifice et de ténacité, le régiment s'est encore couvert de gloire en franchissant l'Ill de vive force à Kogenheim en dépit d'une résistance acharnée de l'ennemi (…) et en effectuant sur Ebermunster un coup de main qui peut être cité comme un modèle du genre. (...) » (citation du 1er RMSM à l'ordre de l'armée)

Au cours de ces engagements le1er RMSM enregistre des pertes sévères à l’image de la 2e DB, depuis son débarquement en Normandie. Compagnon d’armes des spahis marocains, le brigadier Paul Brandenburg, originaire du Maroc, est conducteur de chars dans un autre régiment de la division Leclerc. Son expérience des combats pour la libération de la France illustre les sacrifices de cette prestigieuse unité : « mon souvenir le plus douloureux est lorsque je suis allé ramasser les restes de mon meilleur copain qui avait brûlé dans son char. Je n’ai retrouvé que les dents intactes… tout le reste n’était que poussière. Cela m’a fait du mal car c’était mon bon copain (…) Par la suite, j’ai moi-même été blessé au front par éclats d’obus (…) La guerre nous a surtout appris à ne pas recommencer, parce que ce n’est vraiment pas beau »…

Après la neige et le feu d’Alsace, les spahis marocains et leurs frères d’armes français de la 2e DB participeront ensuite, en avril 1945, aux combats pour la conquête du réduit allemand dans la poche de Royan, sur la côte atlantique. Ils y retrouveront un autre régiment de spahis marocains à la parenté très proche, le 1er RSM, tout juste équipé en matériel américain.

Débarqué en France en octobre 1944, le 1er RSM reste d’abord longtemps cantonné à l’arrière en se chargeant de missions peu exaltantes pour ses hommes, telles que la garde de dépôts d’armement et les convoyages de matériel. Tandis que les spahis du 1er RSM traversent donc un hiver monotone, leurs compagnons des unités combattantes de l’armée d’Afrique endurent une véritable crise morale…

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Pinzuti
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MessageSujet: Re: Maurice Lebrun   Mer 27 Mai 2009 - 10:48

Il est l'image même du héros de la 2e DB, celui qui accrocha l'étendard tricolore, marqué de la croix de Lorraine, au sommet de la cathédrale de Strasbourg. C'était le 23 novembre 1944. A 14 h 30, l'engagement pris à Koufra était respecté.

« Il y avait beaucoup de vent, ce qui n'arrangeait pas les choses. » Maurice Lebrun, 83 ans, n'a pourtant pas hésité, ce 23 novembre 1944, à se hisser sur la flèche de la cathédrale, pour y accrocher le drapeau tricolore. Conducteur de char au 1er régiment de spahis marocains (RMSM), le jeune homme était intrépide. Soixante ans plus tard, Maurice Lebrun confesse même être toujours « un peu casse-cou ».
Casse-cou, il fallait l'être en effet, pour demander à son lieutenant l'autorisation de réaliser le serment de Koufra. De planter le drapeau français tout là-haut, comme le général Leclerc en avait un jour fait le rêve. Car Leclerc était pour ses hommes un vrai « patron », admiré : « Il était sympa, pas commode, mais impeccable, se souvient Maurice Lebrun. On garde de lui une mémoire fidèle ».
Le lieutenant refuse d'abord sa permission au fougueux conducteur de char. Puis il cède... A bord d'une Jeep, quatre hommes se précipitent donc à l'entrée de la cathédrale. « ! On s'est arrêté en bas, on est rentré par une porte latérale. »


« Je m'attendais à me faire flinguer »


Il y avait foule dans les rues -place Brant, notamment - mais aussi nombre de soldats allemands prompts à faire parler les armes. Échaudés par quelques accrochages le long de leur parcours - une passe d'armes à la Petite-Pierre, au nord de l'Alsace - les soldats de la 2e DB n'en sont pas moins téméraires, conscients qu'ils sont de rentrer dans l'Histoire. Autour de la cathédrale, les balles sifflent donc encore. Arrivés à la plate-forme, le détachement autour de Maurice Lebrun entend « parler l'alsacien ».
Croyant avoir affaire à des Allemands, ils rudoient quelque peu ceux qui gardaient la cathédrale. Puis ils grimpent « dans la tour », à deux personnes. Plus haut encore, « il faut sortir sur le dos pour trouver l'échelle » : Maurice Lebrun s'y risque, seul. A 142 mètres du sol, il plante l'étendard auquel Emilienne Lorentz, la charcutière de la place Saint-Etienne, a apporté la dernière main. Dans le vent du début de l'après-midi, la croix de Lorraine et le numéro de régiment (1er RMSM*, 1er peloton, 5e escadron, 2e DB) flottent enfin sur Strasbourg. « Je m'attendais à me faire flinguer, sourit encore l'intrépide soldat. Mais tirer à 200 mètres avec du vent, ça n'était pas facile pour eux ! »

*Régiment de Marche de Spahis Marocains


Croche-pied à l'officier allemand


Les anecdotes sur cette journée particulière fourmillent. Maurice Lebrun se souvient de cet officier allemand, « complètement surpris » de l'irruption de ces soldats, qu'il n'imagine pas un seul instant être les troupes libératrices. L'officier furieux ravalera son arrogance en trébuchant sur un croc-en-jambe d'un militaire de la 2e DB...
Tout aussi « surpris » sont les automobilistes mécontents qui doublent en klaxonnant les Jeeps du général Leclerc entravant leur passage. Quant aux soldats allemands débarqués le jour-même en gare de Strasbourg, ! ils sont estomaqués d'être accueillis par « l'armée française » : « Ils écarquillaient les yeux ! »
La guerre ne s'arrêtera pas à Strasbourg. Elle continuera le long du Rhin, à Erstein, où Maurice Lebrun montera la garde, la nuit de Noël. Soixante ans après, en plus des souvenirs de liesse, il reste la mémoire cuisante « des copains qui ne sont pas arrivés jusque-là, des bons amis restés en rade ». « Les guerres sont insupportables, Comment faire pour éviter ça ? On est encore en plein dedans en ce moment, c'est un peu une maladie », assène Maurice Lebrun dans une référence à peine voilée à la guerre en Irak ou aux morts de Côte d'Ivoire.
La présence de Maurice Lebrun, qui vit dans la région de Montpellier, ce week-end à Strasbourg, n'est pas certaine. Mais tous les anciens se souviendront évidemment de son geste historique.


Denis Tricard


Source : Dernières Nouvelles d'Alsace - 19.11.2004

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