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 Hommage a YUSUF par Paracolo

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MessageSujet: Hommage a YUSUF par Paracolo   Dim 17 Déc 2006 - 22:11

YUSUF




Bône, au bout de la rue Sadi-Carnot, en face de l'Ecole communale l'alphabet, il y avait une toute petite rue, très étroite, qui n’avait pas de nom.
Un jour, cette petite rue innommée en eut un enfin.
Brusquement, sans éclat, ni bruit, elle était devenue la rue du Général Yusuf.
Il était bien tardif cet hommage posthume, car Yusuf était mort à Nice depuis longtemps et le « plus beau fait d'armes du siècle » en passe d’être oublié.
Ceci montre combien fut méconnu, involontairement peut-être, celui qui fut le véritable héros de la prise de la Casbah de Bône et le premier Colonel des Spahis.

En effet, il avait conçu un plan qui devait permettre aux matelots de la « Béarnaise », sous les ordres du Capitaine d'Armandy, de s'emparer de la Casbah par une ruse astucieuse qui ne pouvait réussir que grâce à la connaissance qu’il avait de la langue et des moeurs des Turcs composant la garnison de ce fort.
Son concours à l'action fut indubitablement plus important que celui de d'Armandy et pourtant c'est celui-ci qui semble en avoir recueilli tout le glorieux bénéfice.

Yusuf s'est distingué partout, de Bône à Oran, où il y avait de la bravoure à dépenser et de la gloire à récolter.
Il a été dit que « Sans Yusuf l'aventure africaine n'eut été que ce qu'elle est...
C'est presque un héros légendaire dans l'histoire de la conquête et de la pacification de l'Algérie. Pendant plus de vingt ans, il fut de toutes les batailles, de toutes les razzias, et toujours au premier rang.

Yusuf, de son vrai nom Giuseppe Vantini, était né en 1808, à 1'lle d'Elbe, où il se souvenait avoir vu l'Empereur Napoléon et sa soeur la belle Pauline Borghèse, alors qu'il n'avait que six ans.

Il avait été, disait-il, amené par ses parents chez l'Empereur et comblé de prévenances par la Princesse ce qui semble indiquer qu'il était d'une origine relativement distinguée.

Alors qu’il traversait le bras de mer qui sépare l'Ile d'Elbe de l'Italie pour aller s'instruire sur le Continent, il fut pris par des pirates et emmené à Tunis.
Le jeune enfant est mis en vente sur le marché des esclaves où il est acheté pour le compte du Bey de Tunis.
Le médecin français Lambert le prend sous sa protection, le fait vivre au harem, et lui apprend à écrire le français. Il étudie aussi le Coran et les langues arabe, turque et espagnole.
Destiné à être "Mamelouk" soldat-esclave dans la milice du Bey. Son prénom Joseph est transformé en Yousouf ou Yusuf.

Grâce à ses bonnes dispositions intellectuelles, il est mis à la disposition du trésorier du Bey où il remplit les fonctions de secrétaire, bien que l'enfant préfère la vie de combat du mamelouk à celle de scribe.

Il était donc parmi les intimes de la Maison du Monarque et c'est ainsi qu'une aventure amoureuse avait pu, plus tard, s'amorcer entre Kaboura, la fille du Bey, et le joli page.
C'est en particulier afin d’échapper à la rigueur du châtiment qui lui était destiné (Il mérite la mort par strangulation, décapitation, pendaison ou par, suprême privilège, fusillade), pour cette péripétie amoureuse, qu'il s'était enfui de Tunis.

Avec l’aide des fils du Consul général de France à Tunis, Jules et Ferdinand de Lesseps, il s'embarque sur brick du roi de France «L'Adonis ».

Il avait vingt-deux ans, et il était plein de feu et d'ardeur lorsqu'il parvint en Alger, que le Maréchal de Bourmont venait d'occuper.

Ce dernier acquiesça sans la moindre hésitation au désir exprimé par le fuyard de servir sous ses ordres, comprenant tout le parti qu'il pourrait tirer d'un auxiliaire aussi énergique.

Yusuf fut donc admis au corps expéditionnaire en tant d'interprète et guide, connaissant parfaitement la langue et le pays tout autant. Il ne resta toutefois que peu de temps dans cette situation.

Baroudeur avant tout, il obtint d'être admis parmi les officiers combattants,

En 1830, le général Clauzel, accepta les services sibahis, cavaliers turcs au service du dey d’Alger
À ces derniers, s’unirent les volontaires à cheval, qui formèrent le corps auxiliaire des chasseurs indigènes, rattachés aux zouaves et chasseurs d'Afrique.

Toutes ces formations, disparates, furent confiées à Yusuf, remarqué par le maréchal. Elles formeront le noyau constitutif des spahis, dont Yusuf sera d'abord capitaine.
Avec le Cdt d'artillerie Marey Il crée deux escadrons d’auxiliaires.

Durant les années de la conquête, il s'illustre par des actions d'éclat, servi par son courage, mais aussi par un sens moral peu développé
En 1836, lors d'une visite à Paris, il fait sensation par son caractère et ses conquêtes féminines. Sa carrière n’est qu’une suite de duels et de coups d'éclat qui en font un vrai héros de roman.

Mais si l’on peut considérer la loi de 1831 qui autorise les commandants de zones occupées hors du territoire national à former des corps formés d'indigènes et étrangers, comme la consécration légale des spahis. Il convient de ne pas oublier qu’elles sont commandées par un étranger !

Yusuf est donc naturalisé français 1838. Il est nommé lieutenant colonel et reçoit le commandement des spahis d'Oran.

Un corps unique de cavalerie indigène (spahis) est créé par ordonnance du roi Louis-Philippe en 1841. Il sera formé par l’amalgame des escadrons formés dans les provinces d'Alger, Oran et Bône.

En 1842, Yusuf est colonel et s'illustre aux cotés du maréchal Bugeaud contre Abd el Kader (prise de la Smala en 1843) et lors de la bataille d'Isly (août 1844)

En 1845, il est nommé maréchal de camp, commandeur de la légion d'honneur et reçoit le commandement des troupes indigènes en Algérie .Cette année aussi verra l’ordonnance créant définitivement les trois 1ers régiments de cavalerie indigène : 1er spahis (Algérois), 2e (Oranais), 3e (Constantinois).

Sous le second Empire, il se calme et rentre dans le rang.
La guerre de Crimée, le voit au commandement de troupes irrégulières (les Bachi-bouzouks, chers au capitaine Haddock), mais leur piètre utilité encourage leur licenciement.

En 1856, il est nommé général de division, grand officier de la légion d'honneur et prend la tête de la division d'Alger.

Entre temps, il avait été nommé Bey de Constantine, en 1836.
Quittant Oran, où il était en garnison à ce moment-là, il était revenu à Bône, et avait installé son quartier général au camp de Dréan. Il y menait une vie somptueuse de souverain arabe.
Il avait, acquis quelques terres autour de Bône.

Jalousé par ses collègues et en raison d'un caractère difficile et de moeurs orientales qui dénotent, disgracié en 1865 Yusuf est arraché d'Alger et « exilé » comme commandant de la 10e division militaire à Montpellier.

Ce qu’il considéra comme une disgrâce qui l'atteignit profondément moralement, et physiquement.

Il est décédé à Nice en 1866, où il essayait de rétablir sa santé bien ébranlée.
Il n'avait que cinquante-huit ans, et il était pauvre.

Il comptait trente six années de service, soixante-sept campagnes, et vingt cinq citations.
Son état de pauvreté, que sa mort a révélé prouvait sa parfaite probité et répondait mieux que toute autre justification aux calomnies dont il avait été l’objet durant sa présence en Algérie.

Les indigènes du pays ne l'aimaient pas, parce qu'il les avait toujours traités durement et souvent même cruellement se souvenant, sans doute, qu'il avait été privé, dès sa plus tendre enfance, des joies de la famille et des tendresses maternelles par ces pirates Barbaresques qui régnaient en maîtres sur la Méditerranée.
Les Français ne l'aimaient pas, non plus, à cause peut-être, de son origine incertaine qui pouvait le faire ressembler à un aventurier, mais aussi et surtout à cause de sa carrière brillante et rapide, et de ses indéniables succès amoureux qui lui valurent d'âpres rivalités, comme ce fut le cas avec le Maréchal Pélissier.
Il avait demandé d'être enterré à Alger, au cimetière de Mustapha.
Le jour de ses funérailles, tout Alger, le Gouverneur général en tête, vint l'accompagner à sa dernière demeure.

Qu’est devenue la petite ruelle de Bône, Annaba aujourd’hui ? Une mechta portait son nom, entre La Calle et Le Tarf, créée en 1887, les « nouveaux propriétaires », malgré le nom aux consonances arabes, n’ont pas oublié de le défranciser, il se nomme aujourd’hui Aïn el Hassel.

Que reste-t-il de Yusuf, plus grand-chose aujourd’hui, la nation –on le sait- n’est pas des plus reconnaissantes.

Et à une époque ou le nom des rues est devenu, un enjeu politique, que représente tu mon vieux Yusuf...

Peut être quelques spahis se souviennent-ils encore de toi….
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MessageSujet: Re: Hommage a YUSUF par Paracolo   Sam 27 Jan 2007 - 13:37

Citation :
Peut être quelques spahis se souviennent-ils encore de toi….

Et même pas un ephoto, pourtant ce n'est pasd faute de l'avoir jointe...Pauvre Yusuf...
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MessageSujet: Re: Hommage a YUSUF par Paracolo   Sam 27 Jan 2007 - 14:45

certes j'ai oublié de transferer la photo que tu m'avais envoyé avec le texte et je m'en excuse mais ce n'est pas comme si il n'y avais pas de photos de lui sur le forum...

va voir ici : http://spahistoujours.discutforum.com/HISTORIQUE-DES-SPAHIS-c2/leur-histoire-f1/YUSUF-t7.htm

je viens de la retrouver et je vais la mettre ce week-end.

amicalement.
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Pinzuti
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MessageSujet: Re: Hommage a YUSUF par Paracolo   Dim 28 Jan 2007 - 1:18

Mais il en fini jamais de râler l'ancien ? :evil:
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MessageSujet: Re: Hommage a YUSUF par Paracolo   

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